Faut-il forcément faire un master pour réussir ?
Bac, licence, master… Jusqu’où faut-il poursuivre ses études pour réussir ?
Pendant longtemps, le parcours semblait presque évident : obtenir le bac, poursuivre ses études, décrocher une licence puis, si possible, aller jusqu’au master.
Dans de nombreuses familles, le bac+5 reste encore perçu comme un objectif à atteindre, parfois même indépendamment du métier envisagé.
Mais les dernières données du ministère de l’Enseignement supérieur invitent à regarder les parcours étudiants avec davantage de nuance.
Car entre l’entrée dans l’enseignement supérieur et l’obtention d’un master, le chemin est loin d’être linéaire.
Et surtout : faire des études plus longues ne signifie pas nécessairement faire des études plus adaptées à son projet.
80 % d’une génération obtient aujourd’hui le bac
En 2025, 682 000 candidats ont obtenu le baccalauréat en France.
Le bac concerne désormais 80,1 % d’une génération.
Cette démocratisation constitue évidemment une formidable évolution.
Mais obtenir le bac ne signifie pas automatiquement réussir ensuite dans n’importe quelle formation du supérieur.
C’est particulièrement visible lorsque l’on observe les parcours universitaires.
Licence : seulement 4 étudiants sur 10 diplômés en trois ou quatre ans
Les dernières statistiques du SIES montrent que, parmi les bacheliers 2020 entrés en première année de licence :
39,5 % ont obtenu leur licence en trois ou quatre ans.
Autrement dit, sur 100 étudiants qui commencent une L1, environ 40 obtiennent leur licence dans ce délai.
Le chiffre est important, car il rappelle une réalité parfois oubliée au moment de Parcoursup :
être admis dans une formation ne signifie pas automatiquement y réussir.
Et les différences sont considérables selon le profil scolaire.
Bac général, technologique ou professionnel : des écarts considérables
Sur la cohorte 2019 suivie pendant cinq ans, le taux d’obtention d’une licence atteint :
-
56 % pour les bacheliers généraux ;
-
21,4 % pour les bacheliers technologiques ;
-
12,2 % pour les bacheliers professionnels.
Ces chiffres ne signifient évidemment pas qu’un titulaire d’un bac technologique ou professionnel ne peut pas réussir à l’université.
Ils montrent en revanche que le choix du type de formation et de sa pédagogie doit être cohérent avec le parcours et les méthodes de travail de l’élève.
Un BTS, un BUT, une licence, une classe préparatoire ou une école spécialisée ne demandent pas les mêmes compétences ni la même autonomie.
C’est précisément tout l’enjeu d’une orientation réfléchie.
Que deviennent réellement 100 étudiants entrant en licence ?
Une étude publiée par le SIES en juillet 2026 permet, pour la première fois, d’observer de manière détaillée une même cohorte d’étudiants.
Elle suit les néo-bacheliers entrés en licence en 2019 pendant quatre années.
Quatre ans après leur entrée en L1, plus de la moitié ont obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur. Certains ont obtenu leur licence, tandis que d’autres se sont réorientés vers une autre formation.
C’est un point essentiel.
Un étudiant qui ne termine pas la licence commencée après le bac n’est pas nécessairement en situation d’échec.
Il peut avoir changé de voie et réussi ailleurs.
La réorientation fait partie des parcours étudiants.
Réussir ses études n’est pas forcément suivre une ligne droite
Le modèle traditionnel :
Bac → Licence → Master → Emploi
ne correspond donc qu’à une partie des parcours.
Les étudiants peuvent :
changer de licence,
rejoindre un BTS ou un BUT,
entrer dans une école,
faire une césure,
se réorienter vers une formation professionnalisante,
ou encore entrer sur le marché du travail avant de reprendre éventuellement leurs études plus tard.
L’orientation post-bac doit donc être pensée comme un parcours, et non comme une autoroute à cinq voies menant obligatoirement jusqu’au bac+5.
Une licence peut aussi être un véritable diplôme de sortie
Autre idée reçue : une licence ne servirait qu’à continuer en master.
Là encore, la réalité est plus nuancée.
En 2024, 63,1 % des titulaires d’une licence générale poursuivaient en master l’année suivante.
Cela signifie aussi qu’une part importante des diplômés prend une autre direction.
Et tous les bac+3 ne se ressemblent pas.
Une licence professionnelle ou un BUT sont notamment conçus avec une dimension professionnelle plus forte.
À dix-huit mois, le taux d’emploi salarié en France des diplômés 2024 ne poursuivant plus leurs études atteint ainsi 76,5 % pour les diplômés de licence professionnelle et 69,8 % pour les diplômés de BUT.
Le niveau d’études n’est donc jamais le seul élément à observer.
Il faut aussi regarder la finalité de la formation et ses débouchés.
Et une fois en master ?
Pour les étudiants qui entrent effectivement en master, la réussite est nettement supérieure à celle observée en licence.
Parmi les étudiants entrés en M1 en 2021 :
76 % ont obtenu leur master en deux ou trois ans.
Mais là encore, le diplôme n’est pas une garantie automatique d’emploi.
En juillet 2026, le ministère indique que 69,3 % des diplômés français 2024 d’un master hors enseignement, ne poursuivant pas leurs études en France, occupent un emploi salarié en France dix-huit mois après leur diplôme.
Pour les diplômes de niveau bac+5 conférant le grade de master, ce taux est de 61,1 %.
Ces indicateurs ne comptabilisent toutefois que l’emploi salarié en France : ils ne prennent donc pas en compte tous les diplômés travaillant à l’étranger, exerçant comme indépendants ou dans d’autres situations professionnelles.
Ils doivent être interprétés avec prudence.
Bac+5 : diplôme ou projet ?
Une tribune publiée récemment dans Le Figaro Étudiant évoquait justement le sentiment de déclassement ressenti par certains diplômés bac+5 confrontés à un marché de l’emploi plus difficile.
Mais la vraie question n’est probablement pas :
« Faut-il faire un master ? »
Elle serait plutôt :
« Ai-je besoin d’un master pour exercer le métier ou construire le projet professionnel qui m’intéresse ? »
Et la réponse peut parfaitement être oui.
De nombreux métiers nécessitent un bac+5 : psychologie, enseignement, certains métiers du droit, de l’ingénierie, de la recherche ou encore de nombreux postes spécialisés.
Mais pour d’autres projets, un bac+2 ou un bac+3 peut être parfaitement adapté.
Continuer ses études uniquement parce que « tant qu’on y est, autant aller jusqu’au master » n’est pas toujours la meilleure stratégie.
Le master n’est pas systématique
Chez Avenir Factory, nous le répétons souvent :
le niveau d’études ne doit pas être un objectif en soi.
L’objectif est de construire un parcours cohérent entre :
les envies du jeune,
ses capacités,
sa façon d’apprendre,
le métier envisagé,
les compétences nécessaires,
et la réalité des formations.
Un étudiant très à l’aise dans des apprentissages concrets et professionnalisants pourra parfois davantage s’épanouir dans un BTS ou un BUT que dans une licence universitaire très théorique.
À l’inverse, un étudiant autonome, curieux et attiré par la recherche ou l’approfondissement académique pourra trouver dans le cursus licence-master un environnement parfaitement adapté.
Il n’existe pas de « meilleur » niveau d’études dans l’absolu.
Il existe un niveau et un parcours adaptés à un projet.
Orientation : regarder plus loin que le diplôme
Lorsqu’un lycéen choisit une formation, plusieurs questions devraient donc être posées :
Quel métier ou quel secteur souhaite-t-il découvrir ?
Quelle pédagogie lui convient le mieux ?
A-t-il besoin d'être encadré ou est-il autonome ?
Préfère-t-il la théorie ou l'apprentissage concret ?
La formation choisie conduit-elle réellement au métier envisagé ?
Quel niveau de diplôme est demandé pour exercer ce métier ?
Existe-t-il plusieurs chemins pour y parvenir ?
Ces questions sont souvent beaucoup plus utiles que :
« Jusqu’à quel niveau veux-tu faire des études ? »
À retenir
Les dernières données disponibles montrent que les parcours étudiants sont loin d’être linéaires.
En licence, environ 4 étudiants sur 10 obtiennent leur diplôme en trois ou quatre ans.
Certains se réorientent et réussissent dans une autre voie.
Parmi ceux qui entrent en master, environ 3 sur 4 obtiennent leur diplôme en deux ou trois ans.
Mais aucun diplôme, même un bac+5, ne garantit à lui seul une insertion professionnelle immédiate.
La vraie réussite n'est donc peut-être pas d'aller le plus loin possible dans ses études.
C'est d'aller jusqu'au niveau nécessaire pour réaliser son projet.
FAQ – Licence, master et poursuite d’études
Quel pourcentage d’étudiants réussit sa licence en trois ou quatre ans ?
Pour la cohorte entrée en L1 en 2020, 39,5 % des étudiants ont obtenu leur licence en trois ou quatre ans.
Les bacheliers généraux réussissent-ils mieux en licence ?
Oui. Les données portant sur la cohorte 2019 montrent que 56 % des bacheliers généraux ont obtenu une licence en cinq ans, contre 21,4 % des bacheliers technologiques et 12,2 % des bacheliers professionnels.
Faut-il obligatoirement faire un master après une licence ?
Non. Cela dépend du métier envisagé. Certaines professions nécessitent un bac+5, tandis que d’autres sont accessibles avec un bac+2 ou un bac+3. En 2024, 63,1 % des diplômés de licence générale poursuivaient en master l’année suivante.
Un bac+5 garantit-il un emploi ?
Non. Le diplôme reste un atout important, mais l’insertion dépend du secteur, du diplôme, de l’expérience, de l’alternance, des compétences acquises et du marché de l’emploi. En 2026, les statistiques montrent d’ailleurs des différences d’insertion importantes entre les différents diplômes de niveau bac+5.
Comment savoir jusqu’où poursuivre ses études ?
Il faut partir du projet professionnel, identifier les diplômes nécessaires pour exercer le métier envisagé, puis choisir le type de formation le plus adapté au profil et aux méthodes de travail du jeune.
Besoin d’y voir plus clair dans les études supérieures ?
Licence, BUT, BTS, bachelor, école, master… il existe souvent plusieurs chemins pour atteindre un même objectif professionnel.
Avenir Factory accompagne les collégiens, lycéens et étudiants pour construire un projet d’orientation cohérent avec leurs envies, leurs compétences et leur façon d’apprendre.
Parce qu’en orientation, l’objectif n’est pas d’aller le plus loin possible. C’est de trouver le bon chemin.
Pour faire rimer orientation avec passion.
Bonjour chez vous !
