Le BNMA : un nouveau diplôme pour les métiers d’art dès 2026
À partir de la rentrée scolaire 2026, un nouveau diplôme fera son apparition dans le paysage éducatif français : le Brevet national des métiers d’art (BNMA).
Accessible directement après la classe de 3e, ce diplôme de niveau baccalauréat a pour objectif de mieux structurer les parcours de formation vers les métiers d’art et de renforcer la transmission de savoir-faire artisanaux reconnus.
Cette réforme intervient dans un contexte particulier. Les métiers d’art bénéficient d’une image très positive, mais les formations qui y conduisent restent encore insuffisamment connues des jeunes et des familles.
Pourquoi créer le Brevet national des métiers d’art ?
Jusqu’à présent, les parcours menant aux métiers d’art pouvaient reposer sur plusieurs diplômes successifs :
- le CAP ;
- le bac professionnel artisanat et métiers d’art ;
- le Brevet des métiers d’art (BMA).
Avec la création du Brevet national des métiers d’art, l’objectif est de proposer un parcours plus lisible, organisé sur trois années après la 3e, à l’image d’un bac professionnel.
À terme, le BNMA devrait remplacer plusieurs diplômes existants, notamment :
- le Brevet des métiers d’art (BMA) ;
- certains bacs professionnels artisanat et métiers d’art ;
- les diplômes de technicien des métiers du spectacle (DTMS).
L’objectif est double : rendre la filière plus visible pour les élèves et les familles, tout en renforçant la cohérence des formations aux métiers d’art.
Quelles spécialités du BNMA seront proposées dès 2026 ?
Le BNMA prévoit à terme 21 spécialités. Toutefois, seules quatre seront ouvertes dès la rentrée 2026.
Bijouterie
Trois options sont prévues :
- joaillerie ;
- sertissage ;
- polissage-finition.
Ébénisterie
Cette spécialité formera aux savoir-faire liés à la conception, la fabrication et la restauration de mobilier.
Horlogerie
Elle permettra de se former aux techniques spécifiques de fabrication, d’entretien et de réparation des mécanismes horlogers.
Maroquinerie de haute facture
Deux options sont annoncées :
- maroquinerie ;
- malleterie.
Les 17 autres spécialités devraient être déployées progressivement à partir de 2027. Parmi elles figurent notamment :
- arts du verre ;
- céramique ;
- broderie ;
- ferronnerie d’art ;
- facture instrumentale ;
- reliure-dorure ;
- tapisserie d’ameublement ;
- dentelle ;
- couture ;
- arts graphiques ;
- arts de la pierre ;
- armurerie ;
- arts du spectacle ;
- espaces et volumes ;
- facteur d’orgues.
Cette diversité reflète la richesse des métiers d’art français, présents dans des secteurs aussi variés que le patrimoine, le luxe, la création ou encore le spectacle.
Comment est organisée la formation en BNMA ?
Le Brevet national des métiers d’art pourra être préparé selon deux modalités.
Le BNMA sous statut scolaire
La formation comprendra entre 12 et 26 semaines de stage en entreprise.
Une partie de ces périodes pourra également être réalisée dans le cadre d’une mobilité européenne ou internationale.
Le BNMA en apprentissage
En apprentissage, la formation comportera au minimum 1 850 heures d’enseignement.
Cette voie permettra aux jeunes d’alterner formation théorique et pratique professionnelle en entreprise.
Comment intégrer un BNMA ?
L’admission se fera sur dossier, principalement à partir :
- des résultats scolaires obtenus en classe de 4e et de 3e ;
- d’éventuels travaux personnels ;
- de réalisations artistiques ou techniques.
Les titulaires d’un CAP pourront également intégrer la formation directement en deuxième année, selon leur parcours.
Quelles études après un BNMA ?
Le BNMA étant un diplôme de niveau baccalauréat, plusieurs possibilités pourront s’ouvrir après son obtention.
Poursuivre dans l’enseignement supérieur
Les diplômés pourront notamment envisager :
- le DNMADE – Diplôme national des métiers d’art et du design, diplôme de niveau bac +3 conférant le grade de licence ;
- le BTMS – Brevet technique des métiers supérieurs, diplôme de niveau bac +2 délivré par les chambres de métiers et de l’artisanat.
Selon la spécialité choisie, d’autres poursuites d’études pourront également être envisagées.
Entrer directement dans la vie professionnelle
Le BNMA ayant également une vocation professionnalisante, certains diplômés pourront choisir de s’insérer directement sur le marché du travail.
Les secteurs des métiers d’art recherchent en effet des compétences techniques spécifiques, parfois rares, notamment dans le luxe, le patrimoine, la création ou l’artisanat spécialisé.
Les métiers d’art face au défi de la transmission
La création du BNMA répond aussi à un enjeu économique et démographique important.
Selon une étude menée par l’Institut pour les savoir-faire français et Xerfi Specific, une part importante des professionnels maîtrisant des savoir-faire d’exception approche aujourd’hui de la fin de carrière.
Un quart des salariés possédant un savoir-faire d’exception auraient ainsi plus de 55 ans. Par ailleurs, 37 % des dirigeants d’entreprises du secteur auraient également dépassé cet âge.
Le renouvellement des générations devient donc un enjeu essentiel pour préserver et transmettre ces compétences.
Les entreprises du secteur estimaient d’ailleurs entre 50 000 et 55 000 recrutements nécessaires en 2024.
Des métiers appréciés mais encore associés à certaines idées reçues
Une étude réalisée par Ipsos BVA pour l’Institut pour les savoir-faire français montre que les métiers d’art restent parfois associés à des représentations qui peuvent freiner certaines vocations.
Une partie des personnes interrogées considère notamment que ces métiers :
- sont physiquement difficiles ;
- sont réservés à une élite ;
- nécessitent un très haut niveau d’études.
Pourtant, ces métiers peuvent offrir :
- des parcours professionnels durables ;
- des possibilités d’entrepreneuriat ;
- des débouchés dans des secteurs prestigieux ;
- des carrières dans le luxe, la création ou la restauration du patrimoine.
Il est également intéressant de noter que 43 % des jeunes de 14 à 25 ans pensent que leur entourage serait fier s’ils choisissaient cette voie.
Pourquoi la réforme du BNMA fait-elle débat ?
Si la création du BNMA vise à rendre les métiers d’art plus visibles et plus accessibles, la réforme suscite également des interrogations.
Plusieurs organisations syndicales ont notamment exprimé leur inquiétude concernant le devenir de l’actuel Brevet des métiers d’art.
Elles craignent en particulier une possible diminution du temps consacré à l’apprentissage technique, alors que la maîtrise de certains savoir-faire nécessite plusieurs années de pratique.
La réussite de cette réforme dépendra donc de sa capacité à concilier deux objectifs : rendre la filière plus lisible et attractive, tout en maintenant un niveau élevé d’exigence technique.
Le BNMA : une nouvelle voie d’orientation après la 3e
Pour les jeunes attirés par la création, la fabrication, la précision ou le travail de la matière, le Brevet national des métiers d’art constitue une nouvelle possibilité d’orientation après la 3e.
Cette formation permet d’envisager un parcours professionnalisant tout en conservant la possibilité de poursuivre ses études.
Elle rappelle également une réalité parfois oubliée : les voies professionnelles et artisanales peuvent mener à l’excellence, à l’innovation et à des carrières particulièrement riches.
Les métiers d’art constituent à la fois un patrimoine vivant, un secteur économique et une véritable opportunité professionnelle pour les nouvelles générations.
Chez Avenir Factory, nous encourageons les jeunes à explorer toutes les voies possibles avant de faire un choix : voie générale, technologique, professionnelle, apprentissage ou métiers d’art.
L’essentiel reste de construire une orientation cohérente avec ses goûts, ses aptitudes, ses valeurs et son projet.
Bonjour chez vous !
Sources :
- Décret n° 2026-88 du 13 février 2026 portant création du Brevet national des métiers d’art
- Onisep, Le Brevet national des métiers d’art, février 2026
- Service-public.fr, Un nouveau diplôme consacré aux métiers d’art, février 2026
- Institut pour les savoir-faire français & Xerfi Specific, Mesurer le poids économique des entreprises des métiers d’art et savoir-faire d’exception, novembre 2024
- Institut pour les savoir-faire français & Ipsos BVA, Perceptio – Explorer l’imaginaire collectif des métiers d’art et savoir-faire d’exception, janvier 2026
- Syndicat de l’enseignement professionnel, Pour une formation ambitieuse aux métiers d’art, février 2026
- Onisep, Les métiers de l’artisanat d’art, dossier n°2.24
